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Semaine des autres modes : chemises surcyclées, café tricot et réparation à Paris

La Semaine des autres modes se termine ce dimanche 18 octobre à Paris. Pendant deux semaines, un collectif de créateurs, d’artisans et d’associations a montré qu’un vêtement fatigué n’est pas forcément bon à jeter : il peut être recousu, repeint, transformé ou démonté pour en faire autre chose. Les ateliers proposés pendant le week-end de clôture sont une bonne source d’idées pour tous ceux qui cousent, tricotent ou bricolent à la maison. Voici ce qu’il faut en retenir, et comment reprendre ces gestes chez soi.

Deux semaines pour une mode qui dure #

Organisée par le collectif Une Autre Mode Est Possible (UAMEP), la Semaine des autres modes s’est tenue du 5 au 18 octobre 2026, « dans le sillage de la Fashion Week ». Ses organisateurs la présentent comme une vitrine du travail mené toute l’année par la Maison des autres modes et ses partenaires : défilé, performances, rencontres de transmission, puis un grand final consacré à l’upcycling, au troc et à la seconde main.

L’idée de départ tient en une phrase reprise sur le site officiel : préserver les ressources, prévenir les déchets et partager les savoir-faire. Le collectif s’appuie sur une cartographie interactive et un agenda qui recensent les lieux et les rendez-vous engagés, à Paris et surtout dans le 11e arrondissement.

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Le final : les Journées parisiennes de la réparation #

Les vendredi 16 et samedi 17 octobre, la salle Olympe de Gouges, rue Merlin dans le 11e, a accueilli les Journées parisiennes de la réparation, montées avec la mairie du 11e. L’entrée était gratuite, avec la possibilité de faire un don de 5 à 20 euros. Le collectif y décrivait un lieu où « créativité, savoir-faire et pouvoir d’agir se rencontrent autour d’une réparation écologique, sociale et créative ».

Un bar à chemises

Le principe : partir de chemises de seconde main, apportées par les visiteurs ou trouvées sur place, pour en faire une pièce unique. C’est l’un des exercices les plus accessibles du surcyclage textile. Une chemise d’homme offre beaucoup de tissu, des boutons, un col et des poignets que l’on peut récupérer séparément.

Un café tricot

Crochet, tissage et travail de la couleur étaient proposés avec Irène Russo, à partir de fils issus de la Manufacture des Gobelins. L’espace fonctionnait en accès libre ou en initiation pour les débutants. C’est une piste intéressante pour qui garde des fonds de pelotes : des chutes de fil de qualité suffisent pour des pièces tissées sur petit cadre.

Peinture sur vêtements et objets surcyclés

Dora Sardaine peignait en direct des vêtements de seconde main, en calligraphie. Hélène Testud présentait des bijoux et objets de décoration fabriqués à partir de pièces récupérées en ressourcerie. Deux façons de prolonger la vie d’un objet sans passer par la machine à coudre.

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Le même week-end, partout en France #

Ce final parisien s’inscrivait dans les Journées nationales de la réparation, organisées par l’association HOP du 15 au 18 octobre. Leurs organisateurs rappellent que le prix reste l’un des principaux freins à la réparation. Ils indiquent aussi qu’en 2025, 80 % des participants ont découvert que réparer coûtait moins cher qu’ils ne l’imaginaient. Ils citent enfin l’Ademe : prolonger de trois ans la durée de vie des produits permettrait à un foyer d’économiser plus de 1 900 euros.

Ce que l’on peut refaire chez soi #

Les ateliers de ce type ont un point commun : ils partent d’un objet existant et cherchent la transformation la plus simple possible. Quelques pistes à tester à la maison, sans matériel particulier.

Commencer par l’inventaire. Avant de découper quoi que ce soit, triez ce qui peut être réparé à l’identique (un ourlet décousu, un bouton perdu) et ce qui doit changer d’usage (une chemise tachée au plastron, un pull feutré). Le premier tas se règle en une soirée. Le second devient votre réserve de matière.

Récupérer avant de transformer. Sur une chemise usée, prélevez d’abord les boutons, puis le col et les poignets, puis les grandes surfaces du dos. Vous obtenez des pièces réutilisables pour des pochettes, des sacs à vrac, des housses de coussin ou des empiècements.

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Rendre la réparation visible. Les reprises colorées, les broderies sur un accroc ou un motif peint sur une tache transforment le défaut en décor. C’est l’esprit des ateliers de peinture textile vus à Paris. Une peinture pour tissu fixée au fer suffit pour se lancer.

Utiliser les chutes de fil. Un petit métier à tisser en carton, quelques clous sur une planche ou un simple crochet permettent d’écouler les restes de laine en dessous de verre, en tentures murales ou en bordures.

Quand il vaut mieux confier la réparation #

Certaines réparations demandent un vrai savoir-faire : une fermeture éclair longue, une doublure de manteau, un ressemelage. Pour ces cas, le bonus réparation textile géré par Refashion s’applique directement au moment du paiement chez un réparateur labellisé. Le barème affiché par l’éco-organisme prévoit par exemple 7 euros pour un trou ou un accroc, 8 euros pour un petit changement de zip et 25 euros pour un ressemelage cuir. Les vêtements en cuir et en vraie fourrure ne sont pas éligibles. Refashion revendique plus de 1 500 réparateurs labellisés en France.

La Semaine des autres modes se referme, mais la plupart des collectifs qui y ont participé tiennent des ateliers toute l’année. Leur carte en ligne reste le meilleur point de départ pour trouver une machine, un conseil ou un coup de main près de chez vous.

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